samedi 26 mars 2016

Mauvaise mère : les blessures de l'adoption de Judith Norman




 Résumé :
Mauvaise mère commence le jour du trente-deuxième anniversaire de Mina. 
Jour où, pour la énième fois, celle-ci va lever la main sur Judith, sa mère adoptive, parce qu'il n'y a pas de foie gras avec le champagne...
Judith va alors se mettre en retrait pendant cinq mois au cours desquels elle va revisiter sa vie - tenter de reconstituer le puzzle de ce drame familial, de cet échec. Qu'a-t-elle fait, qu'on-t-ils fait, pour en arriver là ? Qui est responsable ?
Mina, abandonnée en Ethiopie à l'âge de quatre mois, arrivée à douze mois en France, dont les traumatismes invisibles se transforment en violence ?
Judith, "mauvaise mère", parce que malgré son amour, elle n'est pas parvenue à rendre Mina heureuse et épanouie dans sa famille d'adoption ?
Lionel, père adoptif, qui va, dès l'arrivée de Mina, subir le changement affectif de cette enfant qui a déjà "tellement souffert" ? Ou encore Elise, née du couple sept ans avant l'arrivée de Mina, enfant brillante que Mina ne pourra jamais égaler ?
Autour de cette famille en souffrance, assistantes sociales, psychologues, psychiatres, médecins ou médias renvoient à Judith l'image d'une mère incapable d'accueillir, de construire, de rendre Mina à la normalité. Capable d'amour, là où l'amour seul apparaît impuissant.

Dédié à toutes les "mauvaises mères", ce récit dépasse le seul thème de l'adoption, car il est traversé des questions universelles que se sont posées tous ceux auquels a été confiée la tâche de l'éducation : celle de la construction de l'individu, de la part de soi et de l'autre, de l'harmonie inatteignable des relations parents-enfants. Pourquoi l'amour ne suffit pas ? Et peut-on être, malgré soi, une mauvaise mère ? 



Judith et Lionel ont fait venir Mina d'Ethiopie à l'âge de 12 mois alors que leur propre fille avait 7 ans. Si Mina a été entourée d'amour, qu'elle a vécu une enfance heureuse, la voilà devenue une jeune femme violente et totalement insatisfaite. Selon elle, ses parents n'en font jamais assez pour elle et sa mère adoptive devient bien vite son souffre-douleur. La violence verbale ne suffit plus et un jour Mina porte la main sur Judith, sous le regard de son mari, Lionel, qui ne bougera pas. Judith se sent très vite prise dans un engrenage qui, elle le pense, ne prendra jamais fin. Parce que Lionel trouve toujours des excuses à leur fille. Parce que Mina est malade psychologiquement et que finalement personne ne peut rien pour eux. Et cela malgré les nombreux psys qu'ils ont pu consulté...

Le jour de son trente-deuxième anniversaire, Mina porte une fois de plus la main sur sa mère. Et celle-ci décide de ne plus la voir. Lionel ne comprend pas et continuera à céder aux moindres caprices et appels téléphoniques de Mina, préférant délaisser sa femme que sa fille, créant un fossé encore plus grand entre eux qui ne se comprennent plus car l'une refuse d'aider leur fille et voudrait qu'elle se prenne en main et gère sa vie seule et l'autre qui ne se voit pas ne pas répondre aux moindres demandes, même les plus farfelues, de sa fille.
Durant ces 5 mois, Judith se remet en question, remet l'adoption en question, leur vie de famille, leur fille qu'elle regrette presque d'avoir ramené d'Ethiopie, qu'elle préférerait parfois savoir morte que vivante et prenant toute cette place dans sa vie de couple.

C'est un témoignage vraiment touchant. On sent toute la détresse de cette mère adoptive qui aime sa fille, c'est indéniable, mais qui étouffe devant son manque d'indépendance, devant sa trop grande présence alors même qu'elle n'habite plus au sein du foyer familial, qui ne comprend plus cette enfant qu'elle a pourtant élevée.
L'auteure parle très peu de son aînée, sa fille naturelle, qui finalement reste hors conflit même si parfois elle accueille sa mère alors que cette dernière est au bord du gouffre.
Et il y a Lionel. Lionel qu'on a envie de secouer, Lionel qui est spectateur, qui a l'air de ne pas apprécier les conflits et qui préfère céder aux caprices de sa fille de 32 ans plutôt que de subir ses foudres, quitte à y laisser son couple. On voit bien à travers ce récit que malheureusement sa femme passe en second plan, que Mina est plus importante pour lui que Judith et quelque part, ça fait mal... Comment peut-il continuer à voir sa fille, céder à ses caprices alors qu'il a vu de ses propres yeux sa fille battre sa femme ? Comment peut-il fermer les yeux ? Minimiser les choses ? 

Un témoignage qui nous rappelle que l'après adoption n'est pas un long fleuve tranquille, que les enfants adoptés portent des blessures enfouies très fort en eux et que malgré tout l'amour que leur porte leurs parents adoptifs, ça ne suffit pas toujours...


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